Plan "France numérique 2020"
J’ai assisté jeudi soir à la présentation du Plan numérique 2020 par Eric Besson, parmi une bonne soixantaine de personnes, d’horizons numériques assez diversifiés (blogosphère, twittosphère, entrepreneurs, grandes entreprises, pirates, libristes et institutionnels).

Cette représentativité a permis une qualité intéressante des premières remarques sur le projet de plan qui nous avait été communiqué, et semble démontrer que le ministère a appris de ses erreurs (ou de celles de ses prédécesseurs) en terme d’appréhension des acteurs de la filière. Couvrir le champ du numérique des réseaux sociaux aux infrastructures, en passant par les fournisseurs de contenu, les défenseurs du libre et de la neutralité du net et les fédérations professionnelles, permet d’espérer des échanges riches et constructifs, et la volonté affichée d’Eric Besson de rencontrer une fois par mois celles et ceux qui participeront à la consultation va également dans ce sens.
Un ministre qui semblait d'ailleurs assez à l’aise avec le sujet
Bien qu’entouré de ses services et conseillers techniques, il a peu fait appel à leurs lumières, préférant répondre directement. Et répondre juste, en l’occurrence (sans repartir dans des considérations générales sur le sujet, refuge bien connu des politiques qui ne connaissent pas leurs dossiers), en appréhendant les enjeux et les obstacles à surmonter de manière assez fine, même si certains de ses étonnements peuvent encore surprendre. Répondant à une intervention sur le nécessaire soutien à apporter à l’innovation, et sur la complexité des aides financières, Eric Besson a en effet mentionné sa stupeur lorsqu’il avait découvert que certaines entreprises avaient recours à des cabinets de service spécialisés pour solliciter des subventions, nationales ou européennes. Les chefs d’entreprise présents dans la salle, dont je fais partie, savent bien que c’est pourtant aujourd’hui une quasi-obligation, aucune TPE ou PME (sauf exception), n’ayant la capacité de repérer les financements possibles, puis de monter les dossiers, souvent complexes et fastidieux, que ce soit en termes de compétences internes ou de temps à dédier.
Un bilan, et un projet
« France numérique 2012 » touche à son terme, et Eric Besson évoquait jeudi une réalisation des objectifs contenus dans ce plan à hauteur de 80%. L’élaboration de la version 2020 est donc désormais ouverte, et le planning est annoncé comme suit :
Collectes des contributions écrites avant le 30 septembre 2011 à l’adresse suivante :
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Puis débat au sein des 4 groupes de travail sur les axes prioritaires suivants :
- Permettre à tous les Français d’accéder aux réseaux et aux services numériques
- Développer la production et l’offre de contenus numériques
- Accroître et diversifier les usages et les services numériques dans les entreprises, les administrations et chez les particuliers
- Moderniser la gouvernance française de l’économie numérique
Et enfin présentation du Plan le 30 novembre prochain à l’université Paris Dauphine.
Remarques
Je souscris à l’essentiel des propositions actuelles du projet, disponible ici (et présentation là) mais certains points manquent encore à mon sens pour atteindre une vraie appréhension globale des enjeux associés au numérique. Manquent notamment deux éléments : une partie sur les questions de gestion globale de l’information des entreprises, et sur le lien entre la gestion stratégique de l’information et la capacité d’innovation, et une partie dédiée à la réflexion sur la question majeure de la sécurité de l'information.
La question de la couverture THD du territoire est également problématique, car si les chiffres affichés sont d’une couverture HD >2Mo partout sur le territoire, la réalité de certaines zones est encore bien différente, avec un impact évident en terme de développement économique.
Du pain sur la planche, donc, dans les semaines qui viennent, aussi bien pour les services ministériels que pour les contributeurs, pour apporter des éléments de réflexion et les mettre en débat dans le cadre de cette consultation publique, dans un timing somme toute assez resserré.
D’excellentes photos de la soirée à voir chez Olivier Ezraty (à qui j’emprunte l’illustration de ce post, qu’il en soit remercié grandement) et chez Marie Rufo. Une très bonne synthèse des échanges est également à lire chez Fadila Brahimi.
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